La robotique modulaire


Cette semaine nous avons interviewé Samuel Perez, le fondateur de la startup Galam Robotics. Samuel et son associé Jonathan Levy ont un projet ambitieux qui vise à bouleverser les usages grâce à une nouvelle technologie, la robotique modulaire.

Samuel Perez, jeune diplômé de l’école polytechnique de 24 ans, a monté le projet Galam Robotics en 2015, pendant ses études. Il s’est lancé en tant qu’entrepreneur en janvier 2018, et c’est en septembre 2018, que son associé Jonathan Lévy, ingénieur des Mines de Paris, l’a rejoint sur ce projet.

 


 

Bonjour Samuel Perez, merci d’avoir répondu présent pour partager votre expérience de l’entrepreneuriat sur Zozio.tech.

Comment vous est venue l’idée de créer Galam Robotics, votre start-up, et en quoi consiste-elle ?

L’idée m’est venue il y a bien longtemps en regardant des films de science-fiction. Galam Robotics s’attache à un nouveau concept technologique : la Robotique modulaire. L’idée est de créer des robots pouvant se transformer selon le besoin comme des blocs de Légo qui pourraient s’assembler à volonté. L’idée première de Galam Robotics est de créer des robots transformables grâce à la modularité.

Aujourd’hui, nous développons une première version de notre robot dans un domaine particulier : la logistique. Il s’agit d’un robot de stockage en 3 dimensions, capables de gérer de nombreuses commandes simultanément dans un espace deux fois plus petit que les solutions classiques. Nous utilisons la modularité à son maximum pour proposer une solution inédite.

 

A qui s’adresse la solution robotisée que vous développez ?

Aujourd’hui notre cible principale est le magasin de chaussures en ville. Effectivement les magasins de chaussures ont de grosses contraintes d’espace et de flux. De plus, ils recrutent du personnel spécialisé juste pour faire des allers-retours entre le stock et l’espace de vente. Nous pouvons automatiser leurs réserves pour faire diminuer les charges opérationnelles tout en proposant une meilleure expérience client.

 

Quels sont les gains pour vos clients ?

Globalement les gains sont de 3 types pour nos clients. Nous permettons un gain d’espace, avec notre solution la surface de stock est moins grande. Le deuxième gain est un gain en ressource, nous permettons à nos clients d’avoir moins de personnel ou d’avoir du personnel complètement dédié à la vente. Et enfin c’est un gain en expérience-client puisque les clients vont attendre moins longtemps leurs produits, ce qui représente potentiellement plus de ventes.

 

Quels ont été vos défis technologiques ?

Ils sont nombreux ! Nous inventons une solution qui est modulaire, c’est un système de stockage complètement nouveau avec énormément de contraintes mécaniques et algorithmiques. Mécaniquement nous avons dû résoudre le problème du déplacement d’objets en 3 dimensions, et algorithmiquement la machine nécessite un contrôle très pointu dans un espace si restreint. Tous ces défis ont été résolus.

 

Quelles sont vos ambitions pour les 5 prochaines années ?

Notre ambition à court terme est de conquérir le premier marché sur lequel nous nous positionnons : automatiser les magasins de chaussures. Nous aimerions avoir plusieurs dizaines de magasins en France et en Europe.

À terme, notre ambition est d'intégrer toute la chaîne logistique avec des modules Galam. En effet, après les magasins, nous pourrons installer notre produit dans des camions de livraison, dans des relais colis... Notre vision est que tous les produits qui transiteront ou seront distribués dans la ville passeront par les modules Galam, qui deviendront alors les “Conteneurs de la ville”.

 

Pour finir, selon vous qu’est-ce que « l’industrie du futur » ?

L’industrie du futur sera une industrie plus automatisée, où l’homme aura de moins en moins de place, à part pour faire de la maintenance et pour la conception de l’usine. J’y vois beaucoup de robots qui effectueront différentes tâches comme le déplacement d’objets, etc. Selon moi, on tend vers des process totalement automatisés à l’image d’Elon Musk qui a créé une usine totalement automatisée. Une des industries qui se développe beaucoup en ce moment est celle sur laquelle nous travaillons, à savoir l’industrie de la logistique. On peut le voir avec la transformation des entrepôts, comme celui d’Amazon, qui deviennent totalement automatisés grâce à une myriades de robots. Je pense que cette automatisation va s’étendre à beaucoup d’industrie.

 

Imaginez-vous déployer votre solution dans l’industrie ?

Pas en 1er lieu car il y a beaucoup de concurrence. Nous préférons nous différencier en attaquant des marchés moins industriels. Mais oui, à terme, nous envisageons de nous déployer dans l’industrie notamment l’industrie avec de forts taux de rotation.

 

Merci pour cette interview !

 

À bientôt,

Marlène Labaisse