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Industrie 4.0 05.01.23

Réindustrialisation : où en est la France ?

Afin de rester compétitive sur la scène internationale et d’assurer sa souveraineté économique et son indépendance, particulièrement en temps de crise, la France s’est lancé comme défi la réindustrialisation du territoire, grâce à un double processus de transformation numérique et environnementale.

 

Qu’est-ce que la réindustrialisation ou la relocalisation industrielle – et pourquoi est-ce si important d’en parler ? L’industrie a un rôle prépondérant à jouer dans la création de richesse d’un pays. Or, en France, les effectifs du secteur industriel ont drastiquement baissé, passant de 6,5 millions de personnes à la fin des Trente glorieuses à 2,7 millions aujourd’hui. Cette forte désindustrialisation du pays a eu des conséquences sur l’économie, telles qu’un taux de chômage élevé, une balance commerciale déficitaire ou encore des dépenses sociales et publiques très élevées. Dans ce contexte, la France a pour objectif d’opérer sa réindustrialisation.

Réindustrialiser la France : un projet qui doit être financé

La réindustrialisation peut être définie comme l’accroissement de la part de l’industrie dans la richesse nationale. Pour rendre possible cet accroissement, la France lance un plan de réindustrialisation.

Le plan « France Relance », annoncé par le gouvernement en septembre 2020 identifie quatre objectifs principaux pour le secteur de l’industrie : modernisation, innovation, relocalisation et décarbonation. Dans le cadre de ce plan, 35 milliards d’euros sont alloués à l’industrie. Parmi cette somme, des subventions sont allouées aux TPE (Très Petites Entreprises) et PME (Petites et Moyennes Entreprises, à hauteur de 86%), aux ETI (Entreprises de Taille intermédiaire, à hauteur de 10%) et aux grandes entreprises (à hauteur de 4%).

S’inscrivant dans la lignée du plan France Relance, en octobre 2021 et en présence de 200 chefs d’entreprises, le Président de la République Française, Emmanuel Macron, a annoncé son plan « France 2030 », un plan d’investissement de 54 milliards d’euros qui doit permettre de rattraper le retard de la France en créant de nouvelles filières industrielles et technologiques.

Le plan France 2030 poursuit 10 objectifs, dont certains en lien direct avec l’industrie, pour répondre aux défis de notre temps :

  • Faire émerger des réacteurs nucléaires de petite taille
  • Devenir le leader de l’hydrogène vert et des énergies renouvelables
  • Décarboner l’industrie afin de respecter l’engagement de baisser de 35% nos émissions industrielles de gaz à effet de serre d’ici 2030
  • Produire 2 millions de véhicules électriques et hybrides
  • Produire un avion bas carbone
  • Investir dans une alimentaire saine, durable et traçable
  • Produire 20 bio-médicaments contre le cancer et les maladies chroniques
  • Placer la France en tête de la production des contenus culturels et créatifs
  • Prendre part dans l’aventure spatiale
  • Investir dans le champs des grands fonds marins

Ces objectifs traduisent le souhait de la France de gagner en souveraineté industrielle. Pour ce faire et alors qu’elle a eu pendant des décennies une tendance à délocaliser ses usines, la France s’engage dans un processus de relocalisation industrielle.

La souveraineté industrielle, thème de la relocalisation industrielle

Comme l’a démontrée la crise sanitaire de 2020, la France reste très dépendante de ses échanges avec les grands pays industriels européens et internationaux. Avec un investissement de 70 milliards d’euros d’aides publiques mis sur le tapis, le plan France Relance et France 2030 ont pour but de favoriser la relocalisation de la supply chain industrielle, ou de créer des filières à forte valeur ajoutée, pour réduire la dépendance de la France aux industries étrangères.

La relocalisation est le processus selon lequel une partie ou la totalité d’une activité productive est rapatriée dans le pays d’origine de la société mère, alors qu’elle avait été délocalisée. Pour favoriser ce processus, la France identifie des projets et les finance. Cette stratégie se fait en parallèle d’une stratégie de fiscalité pour attirer les investisseurs étrangers, qui jouent également un rôle-clé dans la réindustrialisation française et européenne.

Les top-sectors de l’industrie française

Pour sélectionner les projets à financer, la France a défini des top-sectors de l’industrie, c’est-à-dire les secteurs clés de l’industrie qui méritent une attention particulière. On trouve dans ces top-sectors : la construction automobile, l’agro-alimentaire, la construction aéronautique et le secteur du luxe.

Dans le secteur de la construction automobile, la production fait face à des mutations importantes, dûes au passage du thermique à l’électrique. En France, cette production décline et se fait largement dépasser par les producteurs allemands ou chinois.

Dans le secteur de l’agro-alimentaire, la compétitivité et l’innovation sont en baisse, ce qui a pour conséquence une exportation beaucoup plus faible, dépassée par les Allemands et les Hollandais. Ce secteur a perdu plus de 20 000 emplois en 10 ans et a besoin d’être restructuré.

La construction aéronautique, avec ses grandes firmes comme Airbus, Snecma ou Dassault, est un secteur industriel fort en France, avec une compétitivité importante.

Le secteur du luxe joue un rôle-clé dans l’économie française et connaît une dominance internationale particulièrement marquée, avec 75% de son chiffre d’affaires à l’exportation. Parmi les grandes entreprises françaises du luxe, on trouve LVMH et l’Oréal, deux clients de Zozio mais également Kering et Hermès.

D’après ces constats, on remarque que sur les quatre top-sectors français, deux d’entre eux ont besoin d’être restructurés. Le reste de l’industrie française connaît également un manque de compétitivité important, notamment dû à son manque d’ETI. En effet, les ETI sont particulièrement importantes dans le secteur de la recherche, de l’exportation et de la robotisation. En France, elles sont trois fois moins qu’en Allemagne et deux fois moins qu’en Grande-Bretagne.

En plus des grands groupes et des ETI, les startups jouent également un rôle clé dans la réindustrialisation.

Les startups participent à la réindustrialisation

Les startups constituent de véritables leviers à la réindustrialisation française et sont au centre de la stratégie du gouvernement. L’État s’est fixé l’objectif très ambitieux de la création de cent nouveaux sites industriels par an d’ici 2025. Des stratégies d’aide financière et d’accompagnement sur-mesure sont mises en place pour atteindre cet objectif. Pour accélérer la démarche, il existe même des studios de création de start-ups, tels qu’OSS Ventures.

On voit alors apparaître en France des start-ups telles que Teeptrak (créée en 2014, elle commercialise des solutions de suivi de performance et des aléas destinés à l’excellence opérationnelle pour l’amélioration de l’utilisation des équipements de production) ou encore Innovafeed (une entreprise biotechnologique spécialisée dans l’élevage d’insectes à destination de l’alimentation animale ou végétale).

Pour appuyer sa souveraineté industrielle, la France multiplie les mesures pour relocaliser ses industries et réindustrialiser le territoire. Dans un contexte où des générations entières ont été éloignées des métiers manuels, ces objectifs passent par une réelle restructuration de l’industrie française, face à des défis environnementaux de taille.

 

Un article d’Emma Guignard
Crédits Photo : Jimmy Desplanques – Unsplash

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