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Lean Manufacturing 28.09.21

L’histoire de la production industrielle : Taylorisme, Fordisme et Toyotisme

Les entreprises suivent généralement une démarche Lean d’amélioration continue et visent à maximiser leur productivité. De nombreux outils sont déjà à leur disposition pour atteindre leurs objectifs. En revanche, il peut être intéressant de revenir à l’origine de la production industrielle pour mieux en comprendre les enjeux et s’enrichir de leur enseignement.

La production industrielle se détache en 4 étapes clés :

  • La naissance de l’interchangeabilité (début XIXème siècle),
  • Le Taylorisme (fin XIXème siècle),
  • Le Fordisme (début XXème siècle),
  • Le Toyotisme (après 1945).

Dans cet article, nous détaillerons chacune de ces grandes étapes de la production industrielle.

Le principe de l’interchangeabilité

Le principe de l’interchangeabilité est le concept clé de l’industrie.

Imaginé à la fin du XVIIIème siècle en Europe, il vise à rendre la production industrielle uniforme, à l’inverse du travail artisanal. La mise en place de l’interchangeabilité est risquée et coûteuse, car il faut pouvoir vendre de grande quantité.

C’est le début de la mécanisation.

L’entrée du Taylorisme

Dans ce nouveau contexte, Frederick Winslow Taylor (1856-1915), un ingénieur américain, invente une nouvelle science qui s’appuie sur l’interchangeabilité : l’Organisation Scientifique du Travail (OST). Il cherche à améliorer la production et la condition ouvrière.

L’OST consiste à découper la production en gestes simples de sorte à éliminer les gestes superflus. Chaque opération est chronométrée de sorte à les coordonner. Les ouvriers se spécialisent pour n’être responsable que d’une opération spécifique sur la chaîne de production. La pénibilité du travail augmente car l’ouvrier est détaché de toute tâche hormis son geste métier.

Le Taylorisme révolutionne la production industrielle : les entreprises produisent plus car les ouvriers spécialisés travaillent de manière optimale sans aucun creux dans la production.

Une mise en application : le Fordisme

Henry Ford (1863-1947) est un entrepreneur qui applique les théories de Taylor à la production de ses voitures.

Le Fordisme désigne une application pratique de l’OST. C’est l’apogée du travail à la chaîne, où l’ouvrier ne bouge plus de son poste de travail.

En pratique, c’est le châssis de la voiture qui passe de poste en poste sur la chaîne de montage. Des courroies à bandes et des tapis roulants apportent les pièces nécessaires aux ouvriers.

Le Fordisme inclut également des mesures sociales destinées aux ouvriers. Ceux-ci sont, à cette époque, très bien payés. En effet, la Ford devient la deuxième voiture la plus produite au monde. En 1924, c’est 10 millions de Ford T qui sont produites, soit 90 % des voitures en circulation dans le monde. La production continue jusqu’en 1927 avec 15 millions de Ford T produites.

Le succès de l’entreprise permet à Henry Ford de doubler le salaire des ouvriers. Cela a pour conséquence l’augmentation du pouvoir d’achat des ouvriers, qui peuvent alors se permettre de s’acheter une Ford, ce qui fait ainsi accroître le chiffre d’affaires de l’entreprise. Henry Ford réduit également la journée de travail de 10 à 8h. Cela lui permet d’instaurer le 3/8 : la journée est divisée en 3 sessions de 8h, les ouvriers se relaient et l’usine ne s’arrête jamais.

Qu’est-ce que le Toyotisme ?

Le Toyotisme, inventé au Japon par l’ingénieur industriel Taiicho Ohno (1912-1990) après la seconde guerre mondiale, est une OST qui propose un retournement de logique de production en gardant les mêmes objectifs que le Taylorisme, c’est-à-dire en visant la gain de productivité. Le statut des ouvriers change radicalement : ils sont plus responsabilisés et polyvalents.

Contrairement au Fordisme, la production fonctionne en flux tendus, en suivant la logique du juste-à-temps, pour répondre avec plus de flexibilité à la demande client.

Le Toyotisme a pour but de respecter 5 conditions, appelées les 5 zéros :

  • Zéro délai : les produits sont fabriqués en flux tendus,
  • Zéro stock : aucune surproduction n’est tolérée,
  • Zéro papier : la consommation de papier est réduite au maximum,
  • Zéro défaut : aucun produit ne doit être défectueux,
  • Zéro panne : aucune défectuosité des machines n’est tolérée.

Et après le Toyotisme ?

Après les révolutions engendrées par le Fordisme puis le Toyotisme, dans les années 2010, Elon Musk bouleverse le système en introduisant une organisation novatrice : en venant du monde digital pour aller vers l’industrie, il pense à une voiture comme étant un ordinateur avant de la penser comme un moyen de transport.

Certains parlent déjà d’une 4ème révolution industrielle, portée par Elon Musk. Michael Valentin, conseiller au cabinet de conseil OPEO, désigne ce nouveau mouvement comme le Teslisme. Ce mouvement prometteur viendra peut-être en effet s’ancrer comme une étape clé dans l’histoire de la production industrielle.

 Ecrit par Emma Guignard

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